RAOUL HAUSMANN, un regard en mouvement

Né à Vienne en 1886, Raoul Hausmann s’installe à Berlin en 1900. Il y fait ses débuts sous l’égide d’un père peintre. En 1918, Hausmann,  et sa compagne d’alors, l’artiste Hannah Höch, font partie des fondateurs du mouvement Dada  de Berlin, deux ans après la création de Dada à Zürich, en réaction à la 1ère guerre mondiale et à l’échec de la culture et des beaux-arts traditionnels. Il abandonne alors la peinture pour des moyens de créations nouveaux, le collage, le photomontage et la poésie sonore. Parmi les œuvres emblématiques de cette période, citons la sculpture-assemblage L’esprit de notre temps faite à partir d’une tête de mannequin et d’objets divers.

À partir du milieu de la décennie 1920, Raoul Hausmann, avec son épouse Hedwig et sa nouvelle compagne Vera Broïdo,  partage sa vie entre Berlin, Kampen en mer du Nord, et un village de pêcheurs sur la mer Baltique, Jershöft, où il réalise de nombreuses photographies. Cette pratique nouvelle pour lui, immédiatement absorbante, devient la clé de voûte d’une pensée globale foisonnante. Au cours de cette intense décennie, il aura beaucoup réfléchi à la photographie et développé une pratique profondément singulière du médium, à la fois documentaire et lyrique, indissociable d’une manière de vivre et de penser. Ses amis avaient pour nom August Sander, Raoul Ubac, Elfriede Stegemeyer, et Lázló Moholy-Nagy, lequel ne craignait pas de déclarer à Vera Broïdo, l’une des compagnes de Hausmann : « Tout ce que je sais, je l’ai appris de Raoul. »

En 1933, déclaré artiste dégénéré, il fuit l’Allemagne nazie. Pendant six ans, il parcourt l’Europe d’Ibiza, à Paris, Zürich, en passant par Prague. À Ibiza, il se passionne pour l’architecture et la photographie. il en sera chassé par les franquistes. En 1939, il passe l’été à Paris avant de s’installer avec Hedwig à l’automne en Limousin, à Peyrat-le-Château, où il passe les années de guerre et rencontre Marthe Prévot. Il y restera jusqu’à sa mort en 1971, cinq ans après sa première rétrospective au Moderna Museet de Stockholm.

L’œuvre photographique de Raoul Hausmann est restée longtemps méconnue et sous-estimée. En quittant précipitamment l’Allemagne en 1933, il dut abandonner bien des clichés . Son travail photographique est demeuré secret, largement invisible, présumé perdu, avant que ne soit presque miraculeusement découvert, entre la fin des années 1970 et le milieu des années 1980, un fonds jusque-là inconnu dans l’appartement de sa fille à Berlin (aujourd’hui à la Berlinische Galerie). Les fonds français, principalement conservés au Musée départemental d’art contemporain de Rochechouart et au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienne, ainsi qu’au Musée national d’Art Moderne, se sont constitués dans le même temps, et enrichis jusqu’aux années 2010.

VISIT’ART  a autant aimé les paysages de dunes nordiques que les portraits d’anonymes, les nus sublimes que les modestes artefacts de ce flâneur magnifique.

Raoul Hausmann – Un regard en mouvement
Jeu de Paume – 1, place de la Concorde – 75008 Paris
Du 06 février au 20 mai 2018
Pour en savoir plus, ou si vous avez raté l’exposition, offrez-vous sans hésiter le catalogue de l’exposition, écrit par l’historienne de l’art Cécile Bargues,  coédité par le Musée départemental d’art contemporain de Rochechouart, le Jeu de Paume et le Point du jour, publié à l’occasion de l’exposition « Raoul Hausmann – Photographies 1927-1936 ».
Et pour en voir plus, allez voir sur le site du Musée d’art Contemporain de Rochechouart : http://www.musee-rochechouart.com/index.php/fonds-raoul-hausmann/actualites/268-pret-de-52-oeuvres-du-fonds-raoul-hausmann
et sur celui du Jeu de Paume : http://www.jeudepaume.org/index2014.php?page=article&idArt=3068

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